20 octobre 2013

Pourquoi Paul prie

Prédicateur:
Passage: Ephésiens 1:15-23
Type De Service:

Bible Text: Ephésiens 1:15-23 | Prédicateur: Matthieu Sanders | Series: Éphésiens – Soir

Pourquoi Paul prie

A quoi sert la prière si Dieu a le contrôle de toutes choses ? Vous êtes-vous déjà posé cette question ?

 

La semaine dernière, Joe nous a guidé dans l’étude de la première moitié du ch. 1 de la lettre aux Ephésiens. Ce texte nous présente un Dieu qui a un projet grandiose pour un monde qui s’est pourtant révolté contre lui ; un projet de réconciliation avec l’humanité, mais plus encore, un projet de recréation d’un univers éternel et impérissable sous l’ autorité de Jésus-Christ, Seigneur de toute la création.

 

Face à cette vision, une question peut surgir : à quoi sert la prière si Dieu sait déjà tout, et plus que cela,  a un contrôle absolu sur toutes choses ? Est-ce qu’on ne perd pas notre temps à le prier ?

 

Pour l’apôtre Paul, comme on va le voir, c’est précisément le contraire. Après avoir affirmé que Dieu est souverain sur l’univers et sur l’existence de chacun, il enchaîne immédiatement aux v. 15-16 : « C’est pourquoi … je ne cesse de rendre grâce pour vous : je fais mention de vous dans mes prières. »

 

Ensuite, jusqu’au v. 19, Paul va exprimer sa prière pour les Ephésiens. Manifestement, l’apôtre Paul ne considère pas qu’il y ait une contradiction entre la souveraineté de Dieu et l’importance de la prière. On va donc s’intéresser à ce que Paul nous dit dans cet extrait en nous posant cette question-clé : Pourquoi Paul prie-t-il ?

 

Je vous propose de relever trois sentiments qui poussent Paul à prier pour les Ephésiens :

1) La reconnaissance

2) La confiance

3) L’espérance

1) Une prière de reconnaissance

 

Au v. 15, on l’a déjà relevé, Paul fait le lien entre ce qu’il vient d’écrire aux v. 3 à 14, et la suite. « C’est pourquoi moi aussi, ayant entendu parler de votre foi dans le Seigneur Jésus et de votre amour pour tous les saints, je ne cesse de rendre grâce pour vous. » Ce « c’est pourquoi » renvoie à tout ce qui précède au début du chapitre.

 

Paul rend grâce, il remercie Dieu, parce qu’il sait que tout ce qu’il vient de dire à propos de ce projet grandiose de Dieu, eh bien les Ephésiens en sont bénéficiaires. Ils ont déjà commencé à goûter à une relation personnelle avec Dieu et cela est une preuve de ce que Dieu a choisi de se faire connaître d’eux.

 

J’ouvre une parenthèse pour noter, au v. 15, qu’il y a chez les Ephésiens deux caractéristiques qui permettent à Paul d’avoir une pleine confiance en la réalité de leur vie avec Jésus-Christ : leur foi en Jésus-Christ  tout d’abord. Avoir foi en Jésus, selon la Bible, ce n’est pas simplement adhérer de manière abstraite à un ensemble de doctrines ; la foi en Jésus est une foi qui transforme ; parce que Jésus nous invite précisément à une vie transformée, dans laquelle nous lui confions notre vie entière, parce que nous avons compris qu’il est celui par lequel nous pouvons connaître Dieu.

 

C’est de cette foi là que Paul parle.

 

Puis il parle de l’amour des Ephésiens pour tous les saints, c’est-à-dire, pour tous leurs frères et sœurs en Jésus-Christ, ceux qui comme eux sont venus à la foi en Christ. Il ne s’agit pas de dire que les Ephésiens n’aimaient que les autres chrétiens ; ce que Paul souligne, c’est que les Ephésiens ont envers leurs frères et sœurs dans la foi cet amour unique, particulier, qui jaillit d’une même relation avec Dieu.

 

Pour donner une petite illustration, lorsqu’on aime des personnes qui ont un enfant, il est naturel d’aimer leurs enfants aussi. A une plus petite échelle, l’amitié qu’on ressent pour les parents va naturellement nous pousser à avoir de l’affection pour leurs enfants.

 

Eh bien Dieu nous appelle, puisque nous l’aimons, à aimer ses enfants. Alors si vous êtes chrétien, regardez autour de vous, voilà ceux et celles que vous êtes appelés à aimer, parce qu’ils sont comme vous les enfants adoptés de votre Père céleste. Et l’église locale, qui est une antenne locale du peuple que Dieu rassemble partout dans le monde, a pour vocation d’être une communauté où on s’aime, d’un amour qui vient de l’appartenance à un même Père.

 

Alors  comment est-ce que nous allons vivre cet amour pour nos frères et sœurs ? Eh bien pour aimer quelqu’un, c’est toujours mieux de le connaître. Et si l’idée d’aimer vos frères et sœurs vous paraît un peu abstraite voire culpabilisante, commencez par une première étape qui est d’apprendre à les connaître. Par exemple en restant au pique-nique ce soir.

 

Mais revenons à notre texte, Paul voit dans la foi et l’amour des Ephésiens la preuve qu’ils appartiennent bien à Dieu et par conséquent, il est rempli de reconnaissance parce que les Ephésiens sont inclus dans ce plan grandiose que Dieu met en œuvre dans le monde.

 

Et l’insistance avec laquelle il s’exprime doit nous inviter, nous qui sommes chrétiens, à nous interroger une fois encore.

 

Est-ce que nous sommes tellement motivés par cette œuvre transformatrice de Dieu dans la vie des autres que nous le remercions encore et encore pour tous ces hommes et ces femmes, que nous connaissons ou pas, qui sont venus à la foi en lui ?

 

Mais je pense qu’on peut même aller plus loin. Ce n’est pas seulement la vie spirituelle des Ephésiens qui réjouit Paul.

 

Paul s’émerveille avant tout en pensant aux actes déjà accomplis par Dieu dans l’histoire (on verra qu’il s’émerveille aussi à propos de l’avenir).

 

Et je voudrais vous poser une petite question : est-ce que quelqu’un sait où était Paul lorsqu’il a écrit Ephésiens ?

 

Il était en prison. Ses circonstances quotidiennes étaient donc, c’est le moins qu’on puisse dire, très difficiles. Et pourtant, il « ne cesse de rendre grâce à Dieu », parce qu’il voit bien au-delà de ses circonstances immédiates ; il s’émerveille sur les actes posés par Dieu pour le salut des hommes, il s’émerveille de la venue et de l’œuvre de Jésus-Christ pour accomplir ce plan de salut.

 

Il ne s’agit pas de dire qu’il faut faire comme si les difficultés de la vie présente n’étaient pas là ; d’autres prières de la Bible montrent que ces difficultés peuvent être exprimées librement devant Dieu. Mais n’oublions pas que si nous avons confié notre vie à Jésus-Christ, nous dit Paul au début de sa lettre, nous avons déjà reçu toute bénédiction spirituelle dans le Christ.

 

 

Et je nous pose à nouveau une question : est-ce que nous savons, comme l’apôtre Paul, donner une large place à la reconnaissance dans nos prières ? Pas seulement la reconnaissance pour les circonstances favorables que nous pouvons vivre, mais plus encore la reconnaissance de ce que Dieu nous a déjà aimés, appelés, choisis, adoptés par Jésus-Christ ?

 

Si nous savons accorder à la reconnaissance cette juste place, je pense pouvoir dire que ça transformera nos vies de prière. Et lorsque nous passerons par des temps d’épreuve, même très dure, le fait de méditer ce que Dieu a déjà fait pour nous par Jésus-Christ nous aidera à ne pas remettre en question l’amour de Dieu ou sa présence dans nos vies, mais plutôt à lui faire confiance, parce qu’il nous a déjà comblés de son amour au-delà de tout ce qui est concevable. Et c’est précisément la confiance qui ressort de cette prière que je voudrais examiner maintenant.

 

2) Une prière de confiance

Au début de mon message, je soulignais que pour Paul, il n’y avait aucune contradiction entre souveraineté de Dieu et prière ; au contraire, c’est après avoir affirmé avec force la souveraineté de Dieu qu’il va exprimer une prière.

 

On vient de voir que Paul commence par la reconnaissance. Mais il poursuit au v. 16 : « Je fais mention de vous dans mes prières. »

 

Qu’est-ce que Paul demande à Dieu ? Il lui demande de se faire connaître des Ephésiens toujours plus.

 

v. 17 Je prie, dit Paul,  « afin que le Dieu de notre Seigneur JC, le Père glorieux, vous donne un esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître. » Et il précise au v. 18 :

 

« Qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la glorieuse richesse de son héritage au milieu des saints, et quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération souveraine de sa force. »

 

Paul ne prie pour que les Ephésiens soient appelés par Dieu – parce qu’il est déjà convaincu qu’ils le sont ! Plutôt, il demande à Dieu que les Ephésiens sachent quelle est leur espérance. De même, Paul ne prie pas ici pour que les Ephésiens reçoivent un héritage de Dieu : il prie plutôt pour qu’ils sachent quelle est la glorieuse richesse de son héritage. Et enfin, il ne prie pas pour que les Ephésiens fassent l’expérience de la puissance de Dieu, mais plutôt qu’ils sachent quelle est la grandeur surabondante de cette puissance.

 

Autrement dit, Paul est déjà pleinement confiant que Dieu, qui a agi par le passé, va continuer d’agir pour tous les chrétiens dans le présent comme dans l’avenir.

 

Mais il prie pour que les Ephésiens puissent saisir de mieux en mieux ce qu’ils ont déjà reçu de la part de Dieu.

 

Et il prie précisément parce qu’il sait qu’il s’adresse à un Dieu qui ne change pas d’avis, qui ne se décourage pas, qui n’est pas dominé par qui que ce soit ou quoi que ce soit. il prie pour les Ephésiens dans le cadre d’une relation sûre et ferme qu’ils ont déjà avec Dieu.

 

Et si on y réfléchit un instant,  lorsque nous le prions, c’est précisément ce que nous disons. Si vous êtes chrétien, je suis sûr que lorsque vous priez à Dieu, vous ne lui dites pas « si tu peux, essaye de faire cela, mais si tu ne peux pas, pas de souci, je comprendrai ».

Non, nous prions Dieu en sachant qu’il fait tout ce qu’il veut, qu’il est tout-puissant.

 

Paul ne sait pas  ce qui va se passer dans la vie de tous les jours des Ephésiens, mais il a une confiance inébranlable dans la trajectoire de leur vie qui est assurée par la souveraineté de Dieu.

 

Et ce qu’il demande pour les Ephésiens, c’est qu’ils puissent connaître Dieu de mieux en mieux, en méditant sa parole, ses promesses, tout ce qu’il a révélé de lui-même.

 

Paul invite les Ephésiens à rentrer dans un « cercle vertueux » : plus ils apprendront à connaître Dieu tel qu’il se révèle dans sa Parole, plus ils connaîtront ses projets ;

 

Plus ils connaîtront ses projets, plus ils auront confiance en lui ;

 

Plus ils auront confiance, plus ils prieront.

 

Si nous voulons que notre vie de prière s’enrichisse, apprenons à connaître Dieu de mieux en mieux, et à connaître ses projets magnifiques pour nous. Apprenons à voir au-delà de nos circonstances immédiates pour contempler toutes les manières dont Dieu, au fil de l’histoire, s’est révélé comme étant pleinement digne de confiance.

 

Et ce n’est pas tout. Dieu est souverain sur toutes choses, mais il a choisi de faire de ses enfants adoptés les acteurs de son grand projet. Et c’est pour ça que la prière a tout son sens.

 

Parce que Dieu nous offre une relation dynamique avec lui dans laquelle il prend plaisir à répondre à nos prières. Alors nous sommes invités à lui demander, encore et encore, non pas pour lui apprendre des choses qu’il ne sait pas, mais pour être les acteurs de son plan pour nous.

 

On a vu que ce qui pousse Paul à prier, c’est sa reconnaissance envers Dieu et sa confiance en Dieu. Mais nous allons voir maintenant que sa prière est aussi motivée par les promesses magnifiques de Dieu pour l’avenir.

 

3) Une prière d’espérance

 

Il y a dans ce verset comme un trésor caché. Un petit détail qui, lorsque j’y ai prêté attention pour la première fois il y a quelques années, a été profondément éclairant pour moi. Ce petit détail se trouve aux versets 19 et 20. Voyons ce que Paul nous y écrit.

 

Dieu, nous dit-il, déploie dans la vie des croyants une puissance surabondante et souveraine. Mais quelle est cette puissance ? Est-ce que c’est la capacité de faire des miracles, des choses spectaculaires, d’ouvrir 5 orphelinats au Bhoutan et de gagner le tour de France pour Jésus ? Si oui, on est mal barrés.

 

Mais  c’est là que je reviens au « trésor caché » dont je parlais plus tôt. Paul nous donne une indication décisive sur la puissance dont il parle. Paul veut que les Ephésiens sachent, v. 19-20, « Quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération souveraine de sa force. Il l’a mise en œuvre dans le Christ, en le réveillant d’entre les morts. »

 

Paul nous dit ici que la puissance que Dieu déploie dans nos vies aujourd’hui, c’est la même puissance que Dieu a déployé pour ressusciter son Fils Jésus-Christ. Autrement dit, Dieu a déjà comme semé dans notre vie les graines de la résurrection.

 

Paul avait déjà exprimé la même idée au v. 14 en affirmant que ceux qui ont confié leur vie à Jésus ont été scellés, comme tamponnés par Dieu pour la vie éternelle.

 

Dans le monde présent, nous faisons encore face au mal, à la maladie, à la mort. Mais Dieu a déjà mis en nous les graines de l’éternité. Il déploie dans notre vie une puissance supérieure à celle du mal et de la mort, une puissance qu’il a déjà dévoilée au grand jour par la Résurrection de Jésus-Christ.

 

Et Paul poursuit en affirmant que Jésus n’est pas seulement ressuscité, il a reçu de Dieu l’autorité sur l’univers entier. Comme on l’a vu la semaine dernière, Dieu a pour projet de réunir sous l’autorité de Jésus-Christ une nouvelle humanité réconciliée avec lui, et une nouvelle création dans laquelle la vie aura définitivement vaincu la mort.

 

C’est ce qu’il rappelle au v. 21 en écrivant que Jésus règne « au-dessus de tout principat, de toute autorité, de toute puissance, de toute seigneurie, de tout nom qui puisse se prononcer. »

 

Quelqu’un dira peut-être : « Je n’ai pas vraiment l’impression que Jésus règne dans notre monde. Ce que je vois autour de moi c’est plutôt l’injustice, la violence, le mal.» Mais Paul poursuit au v. 22 : « Il a tout mis sous ses pieds et l’a donné comme tête (ou Chef), au-dessus de tout, à l’Eglise qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. »

 

Un jour, lorsque Dieu mettra fin au monde présent et établira le monde nouveau, Jésus règnera de manière visible aux yeux de tous. Mais en attendant, Dieu se constitue un peuple : l’Eglise, le peuple de tous ceux qui se sont réconciliés avec lui.

 

Et ce peuple a pour vocation de vivre dès maintenant sous l’autorité de Jésus-Christ, et de donner par là un signe, un « avant-goût » du monde à venir.

 

L’Eglise, en quelque sorte, « incarne » le règne de Jésus-Christ, et c’est en ce sens que Paul décrit l’Eglise comme « son corps » ; Et il poursuit en décrivant l’église comme « la plénitude de celui qui est tout en tous ». Ces mots sont difficiles et ils sont interprétés diversement ;

 

Je pense que ce que Paul veut dire, c’est que l’église est remplie par Jésus-Christ ; or Jésus-Christ est celui qui, au-delà de l’Eglise, a reçu de Dieu l’autorité de « remplir tout en tous ». Un jour, le monde entier sera rempli de la connaissance de JC. Mais aujourd’hui, c’est l’Eglise qui a pour rôle de montrer au monde cette connaissance.

 

Revenons à notre question de départ.

 

Pourquoi Paul prie-t-il pour les Ephésiens ? On a vu qu’il prie pour les Ephésiens parce qu’il est reconnaissant pour l’œuvre de Dieu en leur faveur. Il prie pour eux également parce qu’il est plein de confiance dans la sûreté de la relation qu’ils ont avec Dieu. Et il prie pour eux parce qu’il est rempli de l’espérance  du monde à venir, que Dieu garde en héritage pour les Ephésiens et pour tous ceux qui, au cours de l’histoire, se tournent vers lui par Jésus-Christ.

 

Est-ce que, par nos prières, nous savons nous placer dans le cadre de ce grand Projet que Dieu accomplit dans le monde et nos vies ? Est-ce que le socle de mon assurance quand je prie, ce sont ces actes historiques de Dieu et ses promesses, ou est-ce que c’est avant tout « comment je me sens avec Dieu aujourd’hui ? »

 

Que Dieu nous aide à  garder une vision large de ce qu’il fait et à le prier non pas comme à un distributeur de bénédictions, mais un Dieu souverain qui a déjà prouvé qu’il veut le meilleur pour nous.

 

Je me suis plusieurs fois adressé aux chrétiens ce soir. Mais je sais que plusieurs parmi nous sont encore « en chemin » vers le Christianisme, ou peut-être même simplement à l’écoute de nos convictions.

 

Je voudrais vous inviter à découvrir ce Dieu Créateur qui s’est révélé dans l’histoire des hommes et qui se dévoile comme le souverain de l’histoire, celui qui aura le dernier mot. Dieu s’est révélé dans l’histoire, mais il vous invite maintenant à placer votre histoire entre ses mains.

 

Restez un peu avec nous ce soir et n’hésitez pas à nous poser vos questions sur cette espérance qui est la nôtre. Je vous invite à prier.

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